Qu’est-ce que la métacognition ou comment “apprendre à apprendre” ?

Qu’est-ce que la métacognition ou comment “apprendre à apprendre” ?

Il n’existe pas de définition communément admise de la métacognition. Pour le psychologue du développement John Flavell, l’inventeur du concept, la métacognition est un processus qui consiste à penser sur sa propre pensée [1]. Pour Nancy Chick, directrice adjointe du Center for Teaching (CFT) de l’université Vanderbilt, la « métacognition comprend une conscience critique de a) sa pensée et son apprentissage et b) de soi-même en tant que penseur et apprenant [2] ».

En d’autres termes, il s’agit pour l’apprenant de planifier son apprentissage, d’en prendre conscience et de s’autoréguler pour réajuster ses objectifs en fonction de ses forces et faiblesses [3]. La métacognition permettrait d’améliorer l’efficacité de son apprentissage selon les travaux de la National Academy of Sciences dont les conclusions ont été publiées en 2000 dans l’ouvrage How People Learn [4].

Quelques étapes possibles de la pratique métacognitive

Il n’y a pas d’étapes prédéfinies. Chaque individu procédera à sa façon. Cependant, il est possible d’avoir à l’esprit cinq étapes pour guider son apprentissage [3] :

Étape 1 : Évaluer la ou les tâche(s) à réaliser

Il s’agit d’avoir une idée de ce que cela implique en matière de temps, de coûts, d’organisation, etc. Par exemple, voici quelques questions à se poser :

Étape 2 : Évaluer ses forces et faiblesses concernant les objectifs d’apprentissage

Il s’agit d’évaluer ses compétences dès le début. Par exemple, voici quelques questions à se poser :

Étape 3 : Établir un plan d’apprentissage

Sur la base de l’analyse de ses forces et faiblesses, il s’agit de créer plan d’apprentissage ou de se fixer des objectifs d’apprentissage. Par exemple, voici quelques questions à se poser :

Étape 4 : Surveiller et évaluer régulièrement ses progrès

Il s’agit de comparer régulièrement ce que l’on maîtrise par rapport aux objectifs d’apprentissage fixés au début. Par exemple, on peut se poser les questions suivantes :

Étape 5 : Réajuster le plan d’apprentissage si besoin

Il s’agit de déterminer s’il est nécessaire de réajuster son plan d’apprentissage, puis, de recommencer le cycle.

Conclusion

Attention à l’excès de confiance. La métacognition nécessite d’avoir conscience de ses propres limites. Parfois, on peut estimer que l’on maîtrise déjà certains sujets alors que ça n’est pas le cas. Les recherches menées par Dunning, Johnson, Ehrlinger et Kruger ont montré que les individus avaient tendance à ne pas être conscients de leur propre incompétence [5]. Par conséquent, la difficulté de la métacognition est d’arriver à prendre conscience de son incompétence et à vérifier si l’on maîtrise réellement un sujet, et ce, afin de mieux planifier son apprentissage.

Références

  1. Flavell, J. H. (1979). Metacognition and cognitive monitoring: A new area of cognitive–developmental inquiry. American Psychologist, 34(10), 906–911. https://doi.org/10.1037/0003-066X.34.10.906
  2. Chick, N. (n.d.). Metacognition. Vanderbilt University. https://cft.vanderbilt.edu/guides-sub-pages/metacognition/
  3. Studying Effectively. (s. d.). OLI. Consulté le 21 décembre 2020, à l’adresse https://oli.cmu.edu/students/studying-effectively/
  4. Bransford, J. D. (2000). How People Learn : Brain, Mind, Experience, and School : Expanded Edition (1re éd.). National Academies Press.
  5. Dunning, D., Johnson, K., Ehrlinger, J., & Kruger, J. (2003). Why People Fail to Recognize Their Own Incompetence. Current Directions in Psychological Science, 12(3), 83‑87. https://doi.org/10.1111/1467-8721.01235

Le blog a été fondé par Damien SOULÉ. En savoir plus : https://linktr.ee/digitalprojectmanagement

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